6 德國人沒能攻下莫斯科是因為冬天。 作者:Lasha O TKHMEZURI和 Jean L OPEZ
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Les Allemands n’ont pas pris Moscou à cause de l’hiver
par Lasha OTKHMEZURI et Jean LOPEZ
« Quand nos anciens soldats racontent l’hiver de 1941 en Russie, la température diminue d’un degré avec chaque année qui passe. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux croient et disent qu’elle était de 50 °C en dessous de zéro ! »
Ludwig Bauer, 33e régiment blindé,
9e division de panzers,
titulaire de la croix de chevalier et de la médaille pour la bataille d’hiver à l’est1.
Dans la première semaine d’octobre 1941, au cours de l’opération Typhon, le groupe d’armées Centre, commandé par le feld-maréchal Fedor von Bock, réussit une manœuvre de double encerclement qui demeure un modèle du genre. Sept armées soviétiques sont piégées puis détruites autour de Viazma et de Briansk, 673 000 soldats rouges sont capturés, le gros de l’artillerie et des chars perdu. Le front n’est plus qu’un trou béant sur 500 kilomètres. C’est le cinquième et le plus lourd désastre essuyé par l’Armée rouge depuis le 22 juin 1941. C’est aussi le plus grave car Moscou n’est plus qu’à 120 kilomètres des pointes des trois groupes blindés qui mènent la charge des forces de von Bock. À la nouvelle de la catastrophe, le 16 octobre, une énorme panique s’empare de la ville. Les habitants fuient vers l’est par centaines de milliers, dignitaires en tête. Des bandes armées rançonnent les passants, pillent les magasins, attaquent l’ambassade britannique. Le corps diplomatique déménage en hâte sur la moyenne Volga, à Kouïbychev, rebaptisée « capitale provisoire de l’État soviétique ». Staline a beau ramener l’ordre, proclamer l’état de siège, cette fois l’Armée rouge et le régime qu’elle défend semblent au bout du rouleau.
Hitler vend la peau de l’ours
Le 3 octobre, jour de la chute d’Orel et alors que l’opération Typhon ne fait que commencer, Hitler annonce à 2 000 militants nazis rassemblés au palais des Sports de Berlin : « Je parle ici aujourd’hui parce que je dois vous dire que l’adversaire est déjà brisé et ne se remettra jamais2. » Le 9 octobre, le patron de la presse du Reich, Otto Dietrich, confirme devant un parterre de journalistes : « Avec la destruction du groupe d’armées Timochenko, la campagne à l’est est décidée3. » Durant des jours, les journaux répercutent la nouvelle en manchettes énormes. Franco envoie un télégramme enthousiaste à Hitler : « Félicitations pour le dernier et définitif succès de la glorieuse armée allemande sur l’ennemi de la civilisation4. » Le 8 novembre, à Munich, le Führer se rengorge et prophétise de plus belle : « Jamais un empire aussi immense n’avait été battu et détruit aussi vite que la Russie des Soviets. […] Maintenant le destin de l’Europe est décidé pour mille ans5. » Si, sur le terrain, les choses ne vont pas aussi vite, une reconnaissance de la 2e division de panzers, le 2 décembre 1941, parvient néanmoins au faubourg de Lobnia, à 18 kilomètres au nord-ouest du centre de Moscou, où se trouve un terminus du tramway. Dans leurs jumelles, les tankistes croient deviner la silhouette des tours du Kremlin6.
Six semaines plus tard, sous le choc de la contre-offensive soviétique dirigée par le général Joukov, le groupe d’armées de von Bock aura reculé de 100 à 150 kilomètres, perdu des dizaines de milliers d’hommes et un matériel immense. Moscou est sauvée. L’opération Barbarossa s’achève sur une défaite opérationnelle et un désastre stratégique : le Reich n’a plus aucune chance de gagner la guerre.
Comment justifier ce retournement aussi complet qu’inattendu ? Pour sauver son prestige et faire oublier ses communiqués de victoire trop précoces, il appartenait à Hitler de fournir une explication au peuple allemand. Ce n’était pas l’imprévoyance, l’irréalisme, les erreurs du commandement ni la contre-offensive soviétique qui pouvaient être rendus responsables de l’échec. Dès le 19 décembre, deux semaines après le déclenchement des assauts de Joukov, dans un communiqué à ses troupes, Hitler sort le coupable de son chapeau : « La survenue soudaine de l’hiver7. » Le 30 janvier 1942, à l’occasion du neuvième anniversaire de son arrivée au pouvoir, il précise dans un nouveau discours au palais des Sports : « Ce n’est pas le Russe qui nous a contraints à la défensive, mais un froid de – 38, – 40, – 41 et même – 45 °C. Par ces froids, aucune troupe non habituée ne peut tenir8. » Le 24 février, à Munich, il brode un peu plus sur le thème : « Un hiver pareil, il n’y en avait pas eu depuis plus d’un siècle9. » Le 26 avril, le siècle devient cent quarante ans, puis cent cinquante ans le 29 mai, avec des températures de – 50 °C10. Le 15 mars 1942, devant une autre assemblée, le Führer plonge un peu plus dans les considérations météorologiques : « Des semaines plus tôt que ne le laissaient prévoir l’expérience ou les pronostics scientifiques, l’hiver s’est abattu sur nos armées. […] C’était le seul espoir du potentat du Kremlin que ce surgissement jamais vu, même par eux [les Russes], d’un élément naturel puisse faire connaître à l’armée allemande le sort de Napoléon en 181211. » Nous pourrions multiplier les citations de ce type, jusqu’aux derniers jours de la vie d’Hitler12. L’hiver russe est devenu chez lui une excuse universelle, mais aussi une phobie, comme le note Henry Picker le 9 avril 1942 : « Enfin, le dégel. Le chef ne peut plus voir la neige et songe, après la guerre, à demander un petit coin de désert à Mussolini pour y passer l’hiver, là où il fait chaud et où il puisse planter sa tente (devant Moscou, en décembre 1941, les températures étaient tombées à 40 et 50 °C au-dessous de zéro !)13. »
Après la guerre, les généraux allemands ont écrit leurs Mémoires ou le récit de la campagne contre l’Union soviétique. Tous, de Guderian à von Manstein, de Philippi et Heim à von Mellenthin, pour ne parler que des plus célèbres, ont repris l’antienne d’Hitler : l’hiver a privé in extremis l’armée allemande de la victoire à Moscou. Conscients de la fragilité de l’argument, tous ajoutèrent que l’ennemi, lui, était bien préparé – ce sont les célèbres « divisions de Sibériens » accourues en masse d’Extrême-Orient –, et qu’Hitler, en revanche, n’avait rien prévu pour faire face au froid et multiplié les mauvaises décisions opérationnelles qui contribuèrent au retard pris par rapport au plan initial. En substance, si on les avait écoutés, Moscou serait tombée en septembre et l’hiver aurait été passé au chaud.
Les ouvrages des anciens généraux d’Hitler, succès de librairie de plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, ont trouvé une caisse de résonance populaire dans deux best-sellers dix fois plus vendus et traduits dans une vingtaine de langues : Moscou, de Theodor Plievier14, paru en 1952, et Opération Barbarossa, de Paul Schmidt, alias Paul Carell15, en 1963. Les deux hommes, politiquement éloignés – Plievier est un ancien sympathisant communiste, Carell l’ex-chef de l’information des services de Ribbentrop –, se sont néanmoins trouvés d’accord pour mettre au premier plan dans l’échec allemand à Moscou cet événement cosmique, hors de toute prévision, imparable par sa démesure même : l’hiver. Sans la chute verticale des températures, la ville aurait été prise, l’URSS battue et la Seconde Guerre mondiale aurait connu une issue différente.
Que disent les annales météorologiques ?
Le « général Hiver », meilleur capitaine de la Russie, est une idée ancienne. Il apparaît sous la plume de Voltaire pour expliquer la défaite de Charles XII face à Pierre le Grand. On le croise souvent dans Guerre et Paix de Tolstoï et chez les mémorialistes français de la campagne de 1812, dont beaucoup, Caulaincourt au premier chef (« l’hiver arrivera comme une bombe »), sont lus en 1941 par les officiers de la Wehrmacht. Staline lui-même chante ses prouesses au plénum du Comité central, le 27 mars 1940 : « Si nos militaires avaient étudié l’histoire de l’armée russe […], ils auraient appris que nos victoires les plus magnifiques ont été obtenues en hiver16. » L’idée est profondément ancrée dans la culture russe. Pour exemple, ces lignes prémonitoires écrites le 5 juin 1941, deux semaines avant l’attaque allemande, par Lev Fedotov, un lycéen moscovite de dix-huit ans : « Bien que l’Allemagne entretienne aujourd’hui des relations amicales avec nous, je crois fermement que ce n’est qu’une apparence (et cela est connu de tous). Elle endort ainsi notre vigilance avant de nous planter, au moment opportun, un couteau empoisonné dans le dos. […] Pour moi, la guerre commencera dans la seconde moitié de ce mois [juin] ou début juillet, mais pas plus tard car ils voudront en avoir fini avant l’arrivée du froid et du gel. Je suis fermement convaincu que ce sera l’ultime station des despotes germaniques : ils ne pourront nous vaincre avant l’arrivée de l’hiver, et notre hiver les achèvera comme il a achevé Bonaparte en 181217. »
La croyance en la puissance du général Hiver établie, tournons-nous maintenant vers les sources météorologiques pour en vérifier la réalité. L’hiver 1941 a-t-il vraiment été dur et précoce ?
Il l’a été en effet. Le 4 décembre, la température moyenne de l’air à Moscou passe brutalement de – 6 à – 15 °C, puis à – 22 ou – 23 °C les 5, 6 et 7. Puis le thermomètre remonte jusqu’au jour de Noël, quand démarre un deuxième épisode de froid, avec des moyennes toujours en dessous de – 17 °C jusqu’au 4 janvier. Un nouveau redoux de huit jours laisse place à des froids entre – 15 et – 30 °C durant trois semaines. Le 8 février, le mercure remonte à toute vitesse et ne franchira plus qu’exceptionnellement la barre des – 10 °C. Des – 40 et des – 50 °C degrés cités ici et là dans les discours d’Hitler et les écrits de ses généraux, il n’y a pas trace. L’officier en charge du journal de guerre de l’OKW, qui intègre chaque jour la température minimale relevée par la Luftwaffe dans la zone occupée par le groupe d’armées Centre, donne un record de – 35 °C le 5 décembre18. Ce qui suffit, on s’en doute, à figer la plupart des hommes et des machines.
Dur et précoce, l’hiver 1941-1942 a-t-il été pour autant exceptionnel ? Non. Les géographes de l’état-major allemand, les climatologues de la Luftwaffe savaient que celui de 1939-1940 avait été aussi terrible avec des – 30 °C à partir du 15 décembre. Les hivers de 1934-1935 (à partir du 20 décembre), de 1933-1934 (à compter du 2 décembre), de 1931-1932 (– 15 °C déjà le 28 novembre), de 1927-1928 et de 1921-1922 ont été aussi durs et précoces que celui dont la Wehrmacht a souffert. Ces données, facilement accessibles, n’ont pas été prises en compte par l’état-major général de l’armée (OKH), pas plus que par le haut commandement de la Wehrmacht (OKW). Pour une raison simple : tous les plans d’attaque examinés en 1940, jusqu’à celui, définitif, de l’opération Barbarossa, ont été bâtis sur l’hypothèse que l’Armée rouge serait liquidée en quelques semaines, trois mois tout au plus. Avec une estimation de cinq mois, Hitler était moins optimiste que ses généraux. L’hiver 1941 serait un temps d’occupation, pas de combat. Les équipements d’hiver avaient d’ailleurs été prévus et fabriqués pour les soixante divisions qui devaient rester à l’est après la chute de Moscou. Simplement, ils n’avaient pas la priorité dans les plannings ferroviaires face aux munitions et au carburant et se trouvaient bloqués vers Varsovie. Il aurait fallu pour les livrer au front deux cent cinquante-cinq trains supplémentaires, dont les chemins de fer, complètement débordés, ne disposaient pas. Que les hivers russes soient durs, la Wehrmacht ne pouvait l’ignorer. Crier à la surprise sur ce point frise le ridicule. Après guerre, un officier de l’OKH, le prince Ferdinand von der Leyen, l’écrira sans ambages : « Sur le fond, les criailleries de la propagande sur le général Hiver étaient simplement ineptes. Qu’en Russie, à ce moment de l’année, il puisse faire froid constitue le b.a.-ba d’une campagne à l’est. Comment le commandement allemand a pu en arriver à cette défaillance, je ne l’ai jamais compris19. »
Hitler, les mémorialistes et les historiens allemands d’après guerre ont aussi pris pour argent comptant que le froid a joué entièrement en faveur de leur adversaire qu’ils jugeaient, du fait de sa civilisation inférieure, « plus près de la nature ». L’Armée rouge n’aurait donc pas souffert de l’hiver. Passons rapidement sur les fameuses divisions sibériennes, équipées pour se battre par – 40 °C, et qui auraient fait toute la différence devant Moscou. Aucune division soviétique n’était capable de combattre ou se déplacer par des températures aussi basses. Les divisions retirées de Sibérie ou d’Extrême-Orient pour participer à la bataille de Moscou sont en tout et pour tout au nombre de trois, soit 20 000 hommes sur le million à la disposition du général Joukov20 (2 % des effectifs)… Le gros des forces affectées à la contre-offensive a en réalité souvent manqué d’équipements. Certes, les moteurs et les armes disposent de lubrifiants adaptés, à la différence de ceux des Allemands, mais nombre de fantassins rouges n’ont pas la tenue d’hiver réglementaire. Beaucoup de magasins d’effets sont tombés aux mains des Allemands durant l’été 1941 ou ont été détruits lors de la retraite. La situation de l’habillement est si tendue que Khrouliov, adjoint du ministre de la Défense, adresse à Mikoïan, le grand maître de la logistique soviétique, le 22 septembre 1941, une lettre21 demandant que l’on retire aux cadavres non seulement leur capote, mais aussi les bottes, les valenki (bottes de feutre), les chapkas, pelisses, gilets de fourrure et vestes molletonnées. La Pravda publie le 10 décembre une lettre de Staline appelant la population soviétique à donner aux soldats tous les effets chauds possibles22. Malgré un vrai effort de solidarité, les pertes par gelures seront élevées en décembre et janvier (10 298 hommes évacués23). Les chutes de neige ont considérablement gêné les transports et l’aviation – au moment où les ailes rouges renaissent –, même si les locomotives ont tenu le choc, à la différence de celles qu’employait la Wehrmacht. Les unités, vite épuisées et transies, ne restent que quelques heures par jour au combat puis s’égaillent à la recherche d’un feu et de nourriture. Si, sans doute aucun, la Wehrmacht a plus souffert du froid que l’Armée rouge, cette dernière a vu ses efforts handicapés par les trois jours de gel intense qui ont coïncidé avec le début de son effort (5-7 décembre).
Les vices cachés de la Wehrmacht
Nier que le froid ait fait de la bataille de Moscou une des pires de la Seconde Guerre mondiale serait faire insulte à ceux qui l’ont vécue. Néanmoins, il ne peut en aucun cas expliquer la défaite allemande. Celle-ci était acquise dès avant le 5 décembre. Pour s’en persuader, il est nécessaire d’opérer un retour en arrière.
Les trois groupes d’armées qui attaquent l’URSS le 22 juin 1941 constituent certainement la meilleure armée du monde à ce moment-là du point de vue de l’expérience de la troupe et du commandement opérationnel. Néanmoins, ce brevet d’excellence trouve vite ses limites. L’armée allemande est en effet bâtie, du point de vue de la logistique, des effectifs et de ses pratiques opérationnelles, pour affronter des adversaires disposant d’une faible profondeur stratégique – la Pologne, la France – et d’un bon réseau routier. Elle est capable de percer n’importe quel front rapidement, à peu de frais, et de progresser de 300 à 400 kilomètres sur les arrières de l’ennemi. Elle conservera le monopole de cet avantage jusqu’à la fin de 1942. Pour ce faire, elle s’est bricolé un ouvre-boîte, la division blindée, Panzerdivision en allemand, une unité très mobile, bien dotée en puissance de feu et moyens de transmission, maîtrisant le combat interarmes (chars, artillerie, infanterie portée, aviation de soutien). Elle en augmente la puissance à volonté en groupant ces unités par deux (corps blindé) ou par quatre, voire six (groupe puis armée blindée). Le 22 juin, face à l’Armée rouge, l’armée de terre aligne ainsi 29 de ces ouvre-boîtes, 17 divisions de panzers, 9 divisions motorisées et 3 divisions motorisées de la Waffen-SS. Pour son offensive vers Moscou, von Bock disposera de trois groupes blindés rassemblant 22 divisions blindées ou motorisées, soit le meilleur du corps de bataille.
Mais deux problèmes de structure sautent aux yeux. Le premier est la faiblesse numérique des forces. Cent quarante-trois divisions engagées contre l’Armée rouge font une de plus que les 142 alignées contre la France et le Benelux en mai 1940. Corollaire de cette insuffisance du nombre, toutes les unités sont mises au combat, il n’y a pas de réserves, ou très peu. L’absence de réserves a deux conséquences. Celle de contraindre Halder, le chef de l’état-major général de l’armée de terre, et les commandants de groupes d’armées à laisser les unités constamment en première ligne, d’où un surmenage effarant des hommes et des machines ; celle de devoir prélever sur un secteur au profit d’un autre les effectifs nécessaires pour exploiter un succès ou juguler une crise. Ce surmenage serait sans grande conséquence pour une campagne courte façon 1940 (six semaines), il devient dramatique quand le cap des vingt semaines est franchi devant Moscou, à la fin novembre 1941. De la même façon, passer son temps à déplacer latéralement ses forces n’est pas très grave quand l’adversaire aligne 100 divisions sur 500 kilomètres de front (la France) ; ça l’est beaucoup plus face aux 400 divisions que l’Armée rouge fera entrer en lice dans le second semestre 1941, sur 1 800 kilomètres de front.
Outre ce problème d’échelle, l’autre faiblesse structurelle de la Wehrmacht est son hétérogénéité. Il y a deux armées de terre. L’une, moderne, rapide et blindée, chargée de percer et d’exploiter. L’autre englobant la masse de 91 divisions d’infanterie, 4 divisions de montagne, une division de cavalerie et 9 divisions de sécurité. Les divisions d’infanterie vont à pied, comme en 1914, leurs 500 camions servant, aux côtés de 1 200 chevaux, à transporter l’approvisionnement. Il existe donc un découplage de vitesse criant entre la partie motorisée qui roule à 40 km/h et la masse des piétons qui avalent 4 km/h avec 20 kg de barda sur le dos. Une grosse partie des problèmes opérationnels de la campagne trouvent leur source dans ce différentiel de vitesse.
Dans la partie moderne de la Wehrmacht, aux côtés des divisions mobiles de l’armée de terre, il faut compter la Luftwaffe, commandée en chef par Goering et enfant chérie du régime. Malgré les époustouflants résultats qu’elle obtiendra en URSS, elle constitue une des faiblesses – relatives – de l’armée d’invasion. En France, Goering avait pu engager environ 4 000 appareils opérationnels, dont 1 220 chasseurs et 1 559 bombardiers. Le 22 juin 1941, face à l’URSS, il n’en aligne que 2 815, dont 800 chasseurs et 1 117 bombardiers, soit près d’un tiers de moins. La Luftwaffe disposera de moins d’avions pour contrôler un territoire quatre fois plus grand. Elle devra sans cesse faire des choix entre ses diverses missions : attaque des aérodromes ennemis, appui au sol, attaque contre les voies de communication, lutte contre la chasse adverse, bombardement de cibles industrielles. Sa capacité à se concentrer vite et les fautes inouïes de ses adversaires masqueront au début de la campagne cette réalité simple : l’Armée rouge ne sera pas gênée dans ses déplacements stratégiques, et bien moins dans ses déplacements opérationnels que ne l’avait été l’armée française. Sans parler des arrières, qui pourront travailler à fond pour le front sans se soucier des bombardements, le Reich n’ayant pas construit de flotte aérienne stratégique.
Ces faiblesses structurelles ne doivent pas en faire oublier d’autres, bien connues : la défaillance du renseignement, la sous-estimation grossière de l’adversaire, la faiblesse des moyens logistiques. Mais elles suffisent à expliquer le retard pris sur le calendrier opérationnel. Si les panzers percent vite, devant Minsk en juin 1941, à Smolensk en juillet, sur la Desna et le Dniepr en septembre, à Viazma et Briansk en octobre, les armées de piétons perdent du temps à réduire les poches où se débattent les divisions rouges. Comme Hitler n’a pas su choisir entre trois directions divergentes – Leningrad, Moscou et Kiev –, beaucoup de temps et d’essence sont aussi dépensés en marches et contremarches pour envoyer les divisions de panzers tour à tour dans ces différentes directions.
Une armée au bout du rouleau avant l’hiver
Ces problèmes se renforcent les uns les autres en octobre 1941, après le plus grand succès opérationnel de la campagne, le double encerclement de Viazma-Briansk. Il faut en effet près de trois semaines aux 9e et 4e armées du groupe Centre, épaulées par les trois groupes blindés qui auraient dû remplir d’autres missions, pour éliminer la résistance des sept armées soviétiques encerclées. Vers le 15-20 octobre, quand la marche vers Moscou reprend, la pluie se met de la partie. S’il y a une cause météorologique à mettre en avant, c’est bien celle-ci, et non le froid ! Durant presque un mois, les averses d’automne détrempent routes, pistes et chemins, transformant en cauchemar boueux tout déplacement. À tel point – c’est un comble – que les généraux allemands appellent de leurs vœux une arrivée précoce du gel pour solidifier les sols. « Quatorze jours de gel pour l’amour de Dieu ! Et nous encerclerons Moscou24 ! » s’écrie ainsi le général Hoepner, patron du 4e groupe blindé. La troupe est exténuée par une avance de 1 000 kilomètres, les arrières sont incertains, le moral est bas. L’encadrement est très affaibli. 226 297 hommes sont morts – dont 22 000 officiers –, 400 000 autres blessés. Malgré les remplacements, il manque près d’un demi-million d’hommes aux armées en octobre. Les carrefours, ponts, gares, habitations, hangars sont détruits impitoyablement par les Soviétiques, les routes minées sur des kilomètres. Plus de la moitié des 600 000 véhicules affectés aux armées sont détruits ou en attente de réparation. On doit en revenir aux antiques Panjewagen, ces carrioles attelées d’un cheval portant à peine 100 ou 150 kg. Encore n’arrive-t-on à livrer qu’un minimum d’essence et de munitions aux pointes blindées. La troupe a faim et pille les convois de ravitaillement qu’elle croise, sans se soucier du destinataire. La plupart des divisions de panzers n’ont que 25 % à 50 % de leur dotation en chars. On compte à peu près la même proportion d’avions dans les corps aériens, cloués au sol deux jours sur trois du fait d’une visibilité exécrable.
Face à cette situation désolante, une saine raison militaire aurait dû amener le haut commandement à renoncer à Moscou et à se cantonner à chercher la meilleure position pour préparer ses hivernages et remettre sa logistique en ordre. Mais Hitler, comme von Bock, Halder, Brauchitsch, Jodl et Keitel, veut aller achever dans sa tanière un ours qu’il croit mortellement blessé. On relèvera tout de même que des voix, notamment celle du quartier-maître général Eduard Wagner, chef de la logistique, s’élèvent pour faire remarquer que la campagne prend l’allure « risquée d’une compétition avec l’hiver25 ». La réponse de son supérieur, le général Halder, chef de l’état-major général, viendra un mois plus tard sous la forme d’une petite phrase qu’il se gardera bien de conserver dans la version imprimée de son journal de guerre : « Il faut prendre les risques les plus extrêmes en matière logistique pour le bien de la pensée opérationnelle26. » Dans ces conditions, la marche sur Moscou relève du jeu de hasard, avec deux épées de Damoclès au-dessus de la tête, l’hiver et un système logistique en cours d’effondrement. Où est passée la prudence du vieux Moltke qui citait souvent cet aphorisme : « D’abord calculer, ensuite risquer » ?
S’il a beaucoup saigné (4 millions d’hommes hors de combat !), l’ours soviétique garde encore des griffes, des crocs et des muscles. Staline conserve son autorité et concentre les ficelles du pouvoir dans sa main. Il confie la défense de sa capitale au plus énergique de ses généraux, Gueorgui Joukov, mobilise le ban et l’arrière-ban de la nation. Les jeunes de dix-huit et dix-neuf ans sont appelés sous les drapeaux, 450 000 Moscovites, de dix-huit à quarante-cinq ans, sont armés et formés en divisions ouvrières, pauvre chair à canon destinée à freiner l’ennemi. Des centaines de milliers de civils, femmes comprises, sont réquisitionnés pour creuser des fossés antichars, dresser des obstacles, aménager des points de tir. Trois nouvelles lignes de défense concentriques sont élevées immédiatement aux abords de la ville. Dans l’urgence, toutes les routes menant à Moscou sont barrées et tenues par des troupes variées équipées de moyens antichars, notamment une grosse quantité de mines. Coincés par la boue sur les grands axes, les chars allemands avancent au pas, pleurant de l’essence, des obus et des pièces détachées qui n’arrivent qu’au compte-gouttes. Si 2 093 trains de ravitaillement étaient parvenus au front en septembre, il n’y en a plus que 1 860 en octobre et 1 701 en novembre.
Reculant pas à pas, jouant sur le raccourcissement de ses lignes logistiques, Joukov réussit à reconstituer une ligne de six armées. Le 1er novembre, la Stavka ordonne de lever encore dix armées de réserve. Peu à peu, dans le plus grand secret, six d’entre elles se concentrent dans les forêts denses du pourtour de la capitale. Joukov sait dès lors qu’il doit mener une bataille de retardement, épuiser l’ennemi, laisser du temps à l’accumulation des réserves.
Le 15 novembre, après de vigoureuses discussions, le groupe d’armées Centre tente de reprendre sa marche en avant, mais la moitié de ses formations n’y parviendront que le 18 ou le 19, faute d’approvisionnements. Une avance pénible de 20 à 40 kilomètres, le renoncement à la manœuvre au profit de poussées frontales signalent à Joukov que l’ennemi est épuisé. Le journal de von Bock le montre clairement. Le 19 novembre, à propos du plan d’encerclement de Moscou qu’il est censé exécuter, il juge « douteux de pouvoir y parvenir. […] Malgré tous nos efforts, il peut arriver que, pour des raisons logistiques, nous restions plantés au milieu de l’offensive27 ». Le lendemain, il note que « les 17e et 137e divisions sont au bout du rouleau, les autres durement secouées28 ». Le 21, il va visiter le 7e corps qu’il trouve « dans un état de désolation, au bout de ses forces. Notamment se font sentir les pertes en officiers. Nombre de lieutenants commandent des bataillons, l’un d’entre eux se trouve même à la tête d’un régiment, ces derniers n’ont pas 250 hommes […]. Bref, en deux mots, le corps n’en peut plus. […] Que nous puissions continuer ainsi est douteux. L’ennemi, lui, peut ramener vers Moscou tout ce qu’il veut. Face à une contre-offensive puissante, ma troupe ne serait plus à la hauteur29 ». Le 23, après une conversation téléphonique avec Halder, il juge que, « à considérer cette offensive, il est clair qu’il est pour nous minuit moins cinq. Brauchitsch et Halder plaident malgré tout pour une continuation de l’attaque des groupes blindés, même avec le risque de devoir les ramener en arrière un peu plus tard. Tous deux insistent sur le point qu’il ne s’agit plus que de faire le plus de pertes possible à l’ennemi30 ». L’aveu est clair – l’offensive n’a plus de but opérationnel ou stratégique – et montre l’ampleur du désarroi de la direction allemande. Le 1er décembre, von Bock, constatant que ses appels à l’arrêt de toute attaque restent vains, enfonce un peu plus le clou : « L’idée que l’ennemi devant moi est brisé est un rêve, comme l’attestent les combats des quatorze derniers jours. […] Même sur une courte durée, nos forces ne valent plus les siennes. […] L’offensive est devenue sans but ni raison car le moment est très proche où le potentiel de la troupe sera complètement épuisé. […] Le groupe d’armées s’étire sur près de 1 000 kilomètres, avec une seule division diminuée en réserve. […] Dans cette disposition, et étant donné ses pertes élevées en officiers et sa capacité de combat diminuée, il ne tiendrait pas face à une attaque décidée31. » Le 27 novembre, le général Wagner avait pour sa part lâché devant Halder, qui nourrissait encore quelques espoirs : « Nous sommes au bout de nos ressources humaines et matérielles. Et devant nous se trouvent les dangers d’un hiver dur32. »
Le journal du feld-maréchal von Bock, l’homme qui commande l’offensive contre Moscou, détruit ainsi sans ambiguïté possible la légende du général Hiver. Avant même l’arrivée des grands froids le groupe d’armées Centre est hors d’état de continuer à avancer. Cinq mois d’une campagne terrible ont démoli sa capacité de combat. Son attaque meurt de consomption sans que le thermomètre joue le moindre rôle. Entre le 2 et le 4 décembre, tous les chefs d’armée subordonnés à von Bock jettent l’éponge les uns après les autres : Guderian, Hoepner, Hoth, Strauss, Kluge font savoir qu’il n’est plus question de continuer. L’intelligence de Joukov est d’avoir choisi le meilleur moment pour attaquer, le 6 décembre, quand son adversaire, qui n’avance plus, n’a pas encore eu le temps d’aménager ses positions défensives. Loin d’être son meilleur allié, le froid, qui se déchaîne depuis la veille, n’a fait que rendre les choses plus difficiles au chef soviétique. Il a certes donné à la déroute allemande une couleur encore plus cruelle. Mais cette déroute se serait produite avec 5, 10 ou 15 °C de plus.
Le vent ne tourne pas seulement devant Moscou. Le 28 novembre, von Rundstedt est contraint d’abandonner Rostov-sur-le-Don, la porte du Caucase, devant les assauts furieux du général Tcherevitchenko. Ses forces reculent de 100 kilomètres, ce qui vaudra au feld-maréchal d’être limogé par Hitler. Dans ses rapports, lui aussi incrimine la vigueur des attaques soviétiques, l’épuisement de ses hommes, l’effondrement de la logistique. Du froid, il n’est pas question, puisque le thermomètre n’est pas descendu en dessous de zéro dans ce Midi soviétique qu’est le bord de la mer Noire. Du côté de Leningrad, à l’autre bout du front, la tentative du groupe d’armées Nord de von Leeb de faire jonction avec les Finlandais en passant par Tikhvine est bloquée par des contre-attaques. La ville doit être évacuée, le front ramené sur la rivière Volkhov.
Le général Hiver n’a donc joué dans l’échec allemand devant Moscou qu’un rôle très secondaire. L’épuisement, des forces insuffisantes, une logistique défaillante avaient, dans les cinq mois précédant la chute du thermomètre, transformé la Wehrmacht en l’ombre d’elle-même. Hitler et ses généraux ont cru que cette ombre allait encore, courant sur son aire, parvenir à prendre Moscou. Ainsi, pour atténuer l’échec stratégique du plan Barbarossa – acquis dès septembre –, Hitler aurait-il pu au moins faire briller à la tribune la haute valeur symbolique de la capitale de toutes les Russies. Mais prendre Moscou était impossible à l’hiver 1941, quelle qu’ait été la météo. Pourquoi les généraux allemands n’ont-ils pas utilisé la marge d’autonomie qui leur restait pour faire cesser une opération sans espoir ? La question s’adresse d’abord à von Bock. Il est un de ceux qui ont voulu, à la mi-novembre, la reprise de l’offensive, et sa voix a pesé lourd. Il est aussi le premier à avoir compris que le plan d’encerclement de la capitale soviétique était irréalisable et dangereux. Il n’a cessé de prévenir l’état-major général de l’état désastreux de la troupe, tout en poussant celle-ci à se surpasser. On peut voir dans ce comportement schizoïde un legs du passé. Bock, ancien officier d’état-major de la Première Guerre mondiale, souffre des deux traumatismes communs à l’ensemble des généraux du Kaiser. Celui de la bataille de la Marne le pousse à brûler son armée : le camp qui jette ses derniers bataillons au feu, celui-là emporte la victoire décisive ; Joffre avait eu raison contre Moltke le Jeune. Inversement, le souvenir de Verdun exhorte von Bock à refuser une bataille d’attrition dont l’Allemagne n’a pas les moyens. On peut également lire dans son comportement oscillant le dysfonctionnement des relations entre militaires et politiques, voulu et organisé par Hitler. Ne prenant aucune part à la définition de la stratégie, les généraux ne savent pas où ils vont. « Les intentions de la direction de la guerre me sont inconnues33 », crie von Bock le 1er décembre dans un télex à Halder. Aucune décision raisonnable ne peut non plus venir de l’état-major général de l’armée de terre, soumis, abaissé et concurrencé, à 1 000 lieues de l’orgueilleuse indépendance de l’ancien Grand État-Major prussien. Quant au chef nominal de l’armée de terre, le feld-maréchal von Brauchitsch, après une nouvelle crise cardiaque il demande à être relevé la veille de la contre-offensive de Joukov. Le seul décisionnaire est Hitler, qui limoge au moindre recul, von Rundstedt l’apprend à ses dépens. Enfin, tous, du Führer au commandant d’armée en passant par Halder et von Bock, sous-estiment leur adversaire d’une façon outrancière. Leur espoir de prendre Moscou reposait sur l’illusion que l’Armée rouge, après tant de défaites, n’était plus qu’un fantôme. Si la carence du renseignement allemand apparaît une fois de plus, la racine du problème est bien plus profonde. Le réveil du vieux patriotisme russe n’a pas été perçu ; la solidité du régime stalinien, sa capacité à arracher à son peuple, de gré ou de force, sa dernière goutte de sang et de sueur ont été méconnues. D’un bout à l’autre de l’opération Barbarossa, de Brest-Litovsk à Moscou, un aveuglement nourri d’arrogance professionnelle et raciale aura mené la danse côté allemand, parmi les politiques comme chez les militaires. Dans ce tableau, le général Hiver apparaît au mieux comme un vieil épouvantail.
Bibliographie sélective
Lopez, Jean, et Otkhmezuri, Lasha, Joukov, Paris, Perrin, 2013.
Nagorski, Andrew, The Greatest Battle. The Fight for Moscow 1941-42, Londres, Aurum, 2007.
Reinhardt, Klaus, Die Wende vor Moskau. Das Scheitern der Strategie Hitlers im Winter 1941/42, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1972.
Schüler, Klaus A. Friedrich, Logistik im Russlandfeldzug, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 1987.
1. Interview consultable sur Internet (http://frontstory.ru/memoirs/germany/bauer-ludwig/).
2. Max Domarus, Hitler, Reden, vol. 4, R. Löwit, Wiesbaden, 1973, p. 1763.
3. DNB Meldung, 9 octobre 1941. À noter que Timochenko n’est pas concerné par cette bataille. Koniev, Eremenko et Boudienny sont aux commandes.
4. Max Domarus, Hitler, Reden, vol. 4, op. cit., p. 1768.
5. Ibid., p. 1776 et 1780.
6. Voir à 18 kilomètres de distance avec une paire de jumelles, dans de mauvaises conditions météorologiques, est impossible. Cet élément, présent dans presque tous les récits de la bataille de Moscou, relève sans doute de la légende.
7. Max Domarus, Hitler, Reden, vol. 4, op. cit., p. 1814.
8. Ibid., p. 1832.
9. Ibid., p. 1843 et 1844.
10. Henry Picker, Hitlers Tischgespräche im Führerhauptquartier, Berlin, Propyläen, 2003, p. 481.
11. Max Domarus, Hitler, Reden, vol. 4, op. cit., p. 1850.
12. Voir notamment sa tirade du 29 mars 1945 à Albert Speer : « Jamais encore dans une guerre les circonstances extérieures, c’est-à-dire la météo, n’ont joué un rôle aussi décisif et malheureux que, justement, dans cette guerre la plus technique de toutes […] : le froid devant Moscou, le brouillard à Stalingrad, le ciel bleu durant l’offensive de l’hiver 1944 à l’ouest. » Dans KTB OKW, vol. IV, p. 1582.
13. Henry Picker, Hitlers Tischgespräche im Führerhauptquartier, op. cit., p. 291. Picker était le juriste chargé de rédiger les propos non officiels tenus par le Führer à son quartier général prussien.
14. Theodor Plievier, Moskau, Munich, Verlag Kurt Desch, 1952. Le jour de la sortie, 50 000 exemplaires sont vendus.
15. Paul Carell, Unternehmen Barbarossa. Der Marsch nach Russland, Francfort-sur-le-Main, Ullstein Verlag, 1963. Selon l’éditeur, l’ouvrage se serait vendu à 204 000 exemplaires pour la seule Allemagne de l’Ouest.
16. Vestnik, no 5, 1997, p. 110.
17. RGALI, F. L. M. Rochal Dnevnik L. Fedotova, cahier XIV, p. 78-82.
18. Percy Ernst Schramm, Kriegstagebuch des OKW, vol. II, Munich, Bernard & Graefe, 1982, p. 795.
19. Ferdinand, prince von den Leyen, Rückblick zum Mauerwald, Munich, Biederstein Verlag, 1965.
20. Il s’agit des 78e et 415e divisions d’infanterie et de la 58e division blindée, envoyées vers l’ouest par une directive de la Stavka du 12 octobre 1941. Une dizaine d’autres unités « sibériennes » – la plupart regroupées dans la 58e armée de réserve – seront envoyées sur le front de Leningrad.
21. Voïna 1941-1945. Arkhiv Prezidenta Rossii, 2015, p. 76 et 77.
22. Voïna 1941-1945. Arkhiv Prezidenta Rossii, 2015, p. 136.
23. Ibid., p. 178.
24. Dans Heinrich Bücheler, Hoepner, Herford, Mittler, 1980, p. 155.
25. Elisabeth Wagner (éd.), Der Generalquartiermeister, Munich, Olzog Verlag, 1963, p. 206. Lettre du 12 octobre.
26. Dans Klaus A. Friedrich Schüler, Logistik im Russlandfeldzug, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 1987.
27. Klaus Gerbet (éd.), Generalfeldmarschall Fedor von Bock, Zwischen Pflicht und Verweigerung. Das Kriegstagebuch, Munich, Herbig, 1995, p. 322.
28. Ibid., p. 323.
29. Ibid., p. 325 et 326.
30. Ibid., p. 327.
31. Ibid., p. 334.
32. Halder, KTB OKW, vol. III, 27 novembre 1941, p. 312.
33. Klaus Gerbet (éd.), Generalfeldmarschall Fedor von Bock, Zwischen Pflicht und Verweigerung. Das Kriegstagebuch, op. cit., p. 335.
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