2 1000場空戰勝利和10萬人陣亡:1940年春季的英雄神話 作者:文森伯納德

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1 000 victoires aériennes et 100 000 tués : les mythes héroïques du printemps 1940

par Vincent BERNARD

La vision mythifiée d’un événement historique paraît s’ancrer d’autant plus facilement lorsqu’elle s’appuie sur un chiffre évocateur lui donnant corps et la validant intuitivement. Alors que le Parti communiste français était considéré comme celui des « 75 000 fusillés », comment pouvait-on interroger sa place dans la Résistance et l’ambiguïté de son rôle jusqu’en juin 1941 ? Dans un autre genre, si les États-Unis se préparaient bien à consentir « un million de morts » pour conquérir le Japon en 1945, comment discuter leur choix d’utiliser la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki ? Il apparaît que le nombre des fusillés pendant l’Occupation est de l’ordre de 5 000, dont un millier au mont Valérien1. Il apparaît également que le « million de morts » envisagé pour une invasion du Japon n’a jamais été imaginé autrement que comme un slogan à sensation, et non dans les plans les plus pessimistes des militaires américains…


La traumatique défaite française du printemps 1940 est particulièrement riche de ces mythes persistants, « chiffrés » ou non. C’est d’autant plus vrai qu’en tant qu’axe mémoriel majeur du XXe siècle, « 40 » n’a jusqu’à aujourd’hui pas véritablement pu être regardée de façon apaisée, faisant toujours l’objet de débats passionnés aux prismes au moins aussi idéologiques que véritablement historiques. Le résultat est de brouiller les choses plutôt que de les éclairer, et ce d’autant que dans le chaos de la défaite de nombreuses archives ont disparu tout ou partie. Pour se limiter à la dimension militaire, il est toujours difficile de s’extraire de la légende noire d’une armée française fuyant devant la Wehrmacht au profit d’une vision plus nuancée, mettant en avant de véritables moments de bravoure, voire d’héroïsme, comme à Gembloux, à Stonne, à Lille, sur la Loire ou dans les Alpes… À cet égard, un exemple de mythe matériel ayant volé en éclats – au moins dans les cercles historiens – au cours des dernières décennies est celui des chars. La prétendue supériorité numérique des panzers fut en effet longtemps une croyance largement répandue : l’armée française aurait été submergée par 6 000 chars, dit en substance de Gaulle en juin 1940 ; 8 000, affirme même l’accusation du procès de Riom en 1942, tentant de mettre en cause les efforts de réarmement du Front populaire ; 4 000 ou 5 000 au maximum se défendent alors les accusés2 ; « 5 000 chars [allemands] contre 3 200 [français] », assène encore un ouvrage encyclopédique dans les années d’après guerre3. Or le fait est que le 10 mai 1940, c’est avec 2 574 panzers seulement que la Wehrmacht attaque à l’Ouest, faisant face – pour aller vite – à plus de 3 000 chars alliés modernes généralement mieux armés et protégés. Tel n’est pas ici notre propos, mais il faut bien, dès lors, trouver d’autres explications – et elles sont nombreuses – au désastre que le poids du nombre ou les errements de la production industrielle. Ce renversement de perspective ne commence pourtant à s’opérer véritablement qu’au tournant des années 1990.


Comment naissent de tels mythes ? Il n’est pas toujours facile d’en remonter le fil, ni d’en comprendre la genèse. Concernant les chars, on peut sans doute l’imputer aux lacunes des renseignements militaires associées à une forte dimension psychologique. Nous avons choisi ici d’examiner plus en profondeur deux autres mythes de mai-juin 1940, à la fois connexes et nettement différenciés : d’une part, les « 1 000 victoires » qu’aurait remportées l’armée de l’air française sur la Luftwaffe ; d’autre part, mythe à la fois plus tragique et à la signification mémorielle plus profonde, celui des « 100 000 soldats français tués », renvoyant à l’image si souvent explicitée d’une bataille de France plus meurtrière que les « pires périodes de 1914 »


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1 000 victoires pour l’armée de l’air ?

Le mythe des « 1 000 victoires » trouve, semble-t-il, son origine directe dans les rapports établis par les responsables de l’armée de l’air de 1940, à commencer par son commandant en chef, le général Vuillemin. Au lendemain de la défaite, celui-ci souligne ostensiblement l’ampleur des résultats obtenus par ses équipages : 982 avions allemands abattus, dont 800 en combat aérien et 200 par la DCA, le tout arrondi en un impressionnant bilan de « 1 000 victoires ». Pour la jeune armée de l’air, indépendante depuis 1933 seulement, le traumatisme à surmonter est en effet double : non seulement vaincue, meurtrie et accusée d’une lourde responsabilité dans la défaite, malgré un véritable esprit de sacrifice, elle semble alors promise à une disparition pure et simple voulue par les Allemands. L’urgence est donc pour elle de préserver un esprit de corps et de valoriser une tradition préparant une future renaissance : 1 000 victoires malgré la défaite, voilà qui sonne clairement et glorieusement. Mieux encore : les pertes infligées à la Luftwaffe auraient joué un rôle décisif dans la bataille d’Angleterre, en limitant drastiquement ses moyens offensifs. Les ailes françaises implicitement covictorieuses de la bataille d’Angleterre ; il faut bien avouer qu’au sortir de la guerre, prolonger le mythe né en 1940 est tentant.


Ce chiffre emblématique des « 1 000 victoires » se retrouve donc sous diverses formes dans la littérature d’après guerre, donnant aussi tardivement qu’en 1990 son titre à un ouvrage phare de l’ancien pilote Jean Gisclon4. On le cite le plus souvent sans trop s’y attarder et sans autre forme d’explication, parfois en l’étendant à l’ensemble de la période septembre 1939-juin 1940, parfois en l’atténuant un peu en soulignant que 250 de ces victoires ne sont que « probables ». En 1951, l’ouvrage encyclopédique déjà cité plus haut pour les chars, préfacé par le général Weygand et faisant la synthèse des connaissances – fort lacunaires – de l’époque, indique toujours dans son entrée « aviation » rédigée par le colonel Paquier et le lieutenant-colonel Bloch, que « plus de 1 000 avions allemands ont été abattus par les forces françaises : 800 par les pilotes de chasse, le reste par la DCA ». En 1975, la célèbre revue d’aviation Icare crédite encore la chasse de « 906 victoires », tandis qu’à la même époque, dans la Revue historique des armées, Patrice Buffotot et Jacques Ogier ramènent le bilan, peut-être pour la première fois, à 853 victoires seulement, dont 120 par la DCA. Globalement toutefois, les chiffres de 1940 restent alors peu ou prou validés, et le plus souvent repris tels quels.


On aurait tendance à l’oublier, mais en mai-juin 1940 la France ne se bat pas seule. D’une part, les différentes composantes de la RAF interviennent dans la campagne – y compris les unités métropolitaines du Fighter Command pendant la bataille de Dunkerque – et revendiquent au cours de la période pas moins de 821 victoires. À celles-ci s’ajoutent 525 victoires revendiquées par les Néerlandais, chiffre énorme mais pouvant partiellement s’expliquer car intégrant plusieurs centaines d’avions de transport Junker 52 détruits au sol lors des opérations aéroportées allemandes. Enfin, les forces aériennes belges revendiquent de leur côté une centaine de victoires. 982 + 821 + 525 + 100 = 2 428. Voilà donc, au moins approximativement, le nombre d’appareils que devrait avoir perdu la Luftwaffe si l’on en croit ses adversaires, soit près de la moitié de son parc aérien existant en mai 1940.


Or, sans chercher à entrer dans les polémiques de détail dans lesquelles spécialistes et simples amateurs d’histoire militaire savent si bien s’entre-déchirer, on constate rapidement que quelque chose ne « colle » pas avec ces chiffres. Des sources allemandes précises existent à ce sujet et ne sont pas discutées autrement qu’à la marge. Que disent-elles ? Qu’en mai et juin 1940, 1 428 appareils à croix noire ont été détruits, auxquels on peut ajouter 488 autres appareils seulement endommagés, soit un total de 1 916 avions touchés5. La différence avec les revendications alliées est déjà significative, mais elle l’est beaucoup plus encore lorsqu’on constate que seuls 1 129 des appareils détruits et 225 des endommagés (soit 1 354 touchés au total, et non 2 428) sont imputables aux Alliés – dont d’ailleurs une petite fraction en Norvège –, le reste ayant été perdu de façon accidentelle lors ou en dehors des opérations de guerre.


Si les archives allemandes infirment donc clairement les revendications alliées, que disent les archives françaises ? D’abord, que l’addition des résultats individuels des groupes de chasse de l’armée de l’air semble plus ou moins corroborer les « 1 000 victoires » revendiquées : 675 « sûres » et 244 « probables » cumulées, soit 919, et ce sans même intégrer les 100 à 200 victoires attribuées à la DCA. Ces archives mentent-elles ? Pas à proprement parler. En réalité, plusieurs paramètres contribuent à biaiser considérablement ces chiffres « enthousiastes ». Sans même prendre en compte d’éventuelles erreurs – dont une partie plus ou moins importante des victoires qualifiées de « probables » –, voire de toujours possibles falsifications pour gonfler artificiellement les résultats obtenus, il faut garder en tête que de très nombreuses victoires aériennes sont en réalité créditées plusieurs fois. Si plusieurs chasseurs touchent successivement ou simultanément un bombardier qui finit par s’abattre au sol, un seul avion ennemi est détruit, mais tous les assaillants revendiquent la victoire. De là les disparités énormes entre les revendications des pilotes, les bilans des escadrilles et la réalité des pertes infligées, disparités souvent gonflées par la propagande et tout aussi répandues au sein de la RAF que de la Luftwaffe, comme en témoignent de façon éclatante les rapports délirants affichés lors de la bataille d’Angleterre. Dans ce domaine, la comptabilisation interne de ses propres pertes est certes imparfaite, mais infiniment plus précise et crédible que celle des pertes infligées à l’adversaire, et doit donc servir de base d’analyse.


C’est l’historien Patrick Facon qui le premier semble-t-il met véritablement le doigt, à la fin des années 1990, sur la grave exagération de ces « 1 000 victoires », concluant après une étude minutieuse qu’« en fin de compte, Français ET Britanniques peuvent raisonnablement se partager 800 à 850 victoires » en mai et juin 1940. En proportion des revendications respectives, les « ailes françaises » devraient donc être grossièrement créditées d’environ 450 victoires (55 %). D’autres études détaillées récentes, menées par des spécialistes de l’aviation tels que Christian-Jacques Ehrengardt ou Arnaud Gillet, ont conclu à des chiffres un peu différents en utilisant diverses méthodologies. Ces chiffres oscillent globalement entre 500 et 600 victoires, l’armée de l’air perdant parallèlement plus de 700 avions face à la chasse ou à la Flak allemande et des centaines d’autres par accident ou au sol. À vrai dire, on ne connaîtra jamais ces chiffres avec une précision absolue et le débat n’est toujours pas entièrement clos. Pour autant, ce qui nous intéresse ici fait tout au moins l’objet d’un consensus : sans rien ôter à la combativité et au sacrifice des pilotes français, jamais ils n’ont abattu un millier d’avions allemands dans le ciel de France et de Belgique en 1940, mais, plus ou moins, la moitié de ce total.


100 000 tués au combat en mai-juin 1940 ?

Autre chiffre « rond », autre mythe, aux ramifications mémorielles bien plus importantes sans doute : les « 100 000 morts » prêtés à l’armée française en mai-juin 1940. Au-delà de son caractère élevé et symbolique marquant les esprits, ce chiffre a permis à des générations d’historiens – jusqu’aux plus sérieux – de reprendre, sans vraiment la vérifier, la fameuse comparaison avec la Grande Guerre : il y aurait eu, preuve de la combativité et du sacrifice de la troupe, proportionnellement autant, sinon plus, de soldats tués au combat en mai-juin 1940 que pendant les « pires heures de la Grande Guerre ». « 100 000 morts en cinq semaines de campagne, écrit encore en 2010 dans une tribune en ligne d’un quotidien national un officier français, c’est deux à trois fois plus que les pertes moyennes pendant une période équivalente de la Première Guerre mondiale. C’est également un taux de perte journalier largement supérieur à celui des Allemands sur le front de l’Est de juin à décembre 19416. »


On le voit, l’enjeu mémoriel est particulièrement fort et invite à bien des approximations. Premier constat, le fait est que ces comparaisons brutes, même en supposant juste ce chiffre de « 100 000 tués », sont au mieux hasardeuses. Rappelons notamment que sur le front de l’Est en 1941, tout comme en France en 1940, l’armée allemande est à l’offensive, ce qui biaise d’emblée la comparaison avec une armée française subissant presque intégralement la bataille de 1940. Face aux Soviétiques, au cours des cinq premières semaines de guerre à l’est (22 juin-31 juillet 1941), la Wehrmacht comptabilise environ 90 000 tués en quarante jours. Si le chiffre de 100 000 morts français en quarante-cinq jours (10 mai-25 juin) était exact, et nous verrons qu’il ne l’est pas, les « pertes journalières » évoquées ne présenteraient donc pas de différence sensible à période comparable, environ 2 200 tués par jour7. Pour 1914, la comparaison est peut-être plus biaisée encore. Plus de 300 000 soldats français sont tués pendant les cinq derniers mois de 1914, mais ces pertes sont très inégalement réparties dans le temps, et majoritairement concentrées sur une période extrêmement brève. Celle-ci court de la mi-août, moment où le front s’embrase entièrement de la Belgique aux Vosges (bataille des frontières), au mois de septembre (fin de la bataille de la Marne et début de la « course à la mer »), soit une période de cinq à six semaines tout à fait comparable à la durée de la bataille de mai-juin 1940. Or, au cours des seules quatre semaines – dont trois de combats intensifs – du 6 août au 5 septembre, l’armée française enregistre la perte d’environ 330 000 hommes, dont 150 000 tués ; soit 5 000 morts par jour ! Cette hécatombe quotidienne épouvantable paraît culminer le 22 août 1914, avec le chiffre de 27 000 morts en vingt-quatre heures8. Elle reste dans son ampleur inégalée dans l’histoire de France – bien qu’approchée parfois lors des grandes offensives de 1918.


Mais au-delà des comparaisons morbides, c’est bien la méthodologie qu’il faut ici interroger. C’est ce qu’a, le premier, entrepris de faire Jean-Jacques Arzalier, présentant ses conclusions lors d’un colloque international ayant, au début des années 2000, fait date sur la campagne de 19409. Quelle est l’origine de cette affirmation que 100 000 soldats français sont morts au combat en mai-juin 1940 ? Celle-ci vient de plusieurs documents établis d’abord par diverses administrations du régime de Vichy et diversement repris par la suite, dressant des bilans oscillant entre 84 000 et 128 000 morts ! Il était tentant, face à ce flou apparent, d’arrondir en une emblématique et symbolique estimation de « 100 000 morts », presque unanimement reprise ces dernières décennies par la plupart des historiens, généralement assortie d’un commentaire comparatif renvoyant à 1914. Or l’armée d’armistice a arrêté de son côté, dès l’été 1942, un état rétrospectif des pertes au combat de « seulement » 52 000 tués, bilan vraisemblablement directement tiré des journaux des marches et opérations (JMO) de la campagne. Comment expliquer ces profondes différences ? Le fait est qu’à l’instar des « 1 000 victoires » de l’armée de l’air, on a longtemps et tout simplement négligé de vérifier ces chiffres. Or, dans la plupart des analyses, les pertes directes de la campagne de mai-juin 1940 n’étaient pas seules, mais associées, selon les cas, à celles des huit premiers mois de la guerre (dont la campagne de Norvège), à celles de la Marine, aux pertes de l’armée d’armistice (en Syrie, en Afrique du Nord ou à Madagascar par exemple), mais aussi et surtout aux 40 000 prisonniers morts en captivité en Allemagne jusqu’à la Libération, voire aux 20 000 civils victimes directes des combats ou des bombardements. En utilisant plusieurs méthodes d’évaluation différentes mettant en lumière ces erreurs, Jean-Jacques Arzalier a conclu, prudemment, que les pertes de la bataille de mai-juin 1940 à proprement parler devaient osciller entre un minimum de 50 000 et un maximum de 90 000, « et sans doute vers le bas de la fourchette ». Or, depuis lors, l’extraordinaire travail de recensement systématique des décès militaires effectué sous l’égide du ministère de la Défense dans le cadre de l’initiative Mémoire des hommes10 est venu grossièrement corroborer les estimations basses, en recensant un total de 58 829 décès militaires en mai et juin 1940. « Le chiffre de 100 000 morts, longtemps avancé et repris jusque-là par les meilleurs spécialistes de la période, révèle ainsi son caractère symbolique », conclut donc aujourd’hui le Service historique de la Défense.


Minimiser est-ce insulter la mémoire ?

En tout état de cause, le mythe des « 100 000 morts » et dans une moindre mesure celui des « 1 000 victoires » ont profondément imprégné les consciences dès le lendemain de la défaite, et ce jusqu’à aujourd’hui, au point d’être quasi systématiquement repris, de bonne foi et sans plus de vérification. Parfois prendra-t-on la démarche tendant à les ramener à des niveaux plus réalistes comme une tentative d’abaissement ou de dénigrement des mérites des combattants de l’époque. Outre qu’il s’agit là d’une critique sans objet historique, on peut envisager dans le cas d’espèce la question sous un angle complètement différent. Paradoxalement, réduire le nombre de tués au combat français en mai-juin 1940, loin d’être une insulte à leur mémoire ou une négation de leur sacrifice, est peut-être le meilleur hommage à leur rendre au plan militaire. Hitler déclarait en effet que l’Allemagne paya « un prix insignifiant » pour sa victoire à l’Ouest en 1940. Le fait est que les 23 000 morts annoncés alors par la Wehrmacht, chiffre très minimisé car ne comprenant pas les disparus, face à 100 000 Français – sans même compter les pertes alliées –, fait apparaître un différentiel énorme de 1 contre 4 bien peu flatteur pour les qualités tactiques de l’armée française. À l’inverse, ce différentiel tactique paraît bien moins spectaculaire si l’on rapporte le niveau réel des pertes allemandes, au moins 40 000 tués (sur 61 000 morts au total à l’Ouest en 1939-1940)11, à celles de l’armée française : 1 contre 1,5 ; un rapport, cette fois, tout à fait comparable à celui de 1914-1918 et illustrant précisément la ténacité dont ont fait preuve en de nombreux secteurs les troupes françaises, en dépit de la catastrophique issue. Et puisque l’enjeu mémoriel n’est pas mince, peut-être vaut-il mieux mettre en avant qu’entre 1939 et 1945, et au-delà des incertitudes de détail, ce sont bel et bien peu ou prou 200 000 soldats de métropole et de « l’Empire » qui ont donné leur vie sous l’uniforme français. Parmi eux, les 60 000 sacrifiés du tragique printemps 1940, que l’on a si longtemps oubliés ou caricaturés, méritent indéniablement d’avoir toute leur place.


Bibliographie sélective

Corvisier, André (dir.), Histoire militaire de la France, vol. 3, Paris, PUF, 1992.


Facon, Patrick, L’Armée de l’air dans la tourmente. La bataille de France, 1939-1940, Paris, Economica, 2010.


Frieser, Karl-Heinz, Le Mythe de la guerre-éclair, Paris, Belin, 2003.


Levisse-Touzé, Christine (dir.), La Campagne de 40, actes du colloque du 16 au 18 novembre 2000, Paris, Tallandier, 2001.


Masson, Philippe, Histoire de l’armée allemande, 1939-1945, Paris, Perrin, 1994.


—, Histoire de l’armée française de 1914 à nos jours, Paris, Perrin, 1999.


Nord, Philip, France 1940. Défendre la République, Paris, Perrin, 2017.


Revue historique des armées, no 4, spécial campagne de 1940, 1979.


1. Cf. Pennetier (C. et al.), Les Fusillés 1940-1944, éd. de l’Atelier, 2015, qui recense 4 425 cas.


2. Maurice Ribet, Le Procès de Riom, Paris, Flammarion, 1945.


3. Coll. « La Seconde Guerre mondiale », Paris, Larousse, 1951.


4. Jean Gisclon, Les Mille Victoires de la chasse française, mai-juin 1940, Paris, France-Empire, 1990.


5. Williamson Murray, Strategy for Defeat, the Luftwaffe, 1933-1945, Maxwell (Alabama), Air University Press, 1983.


6. Chef de bataillon Huiban, « Il est temps de réhabiliter le soldat [français] de 1940 », Secret Défense, blog de Jean-Dominique Merchet sur le site de Libération, 8 mai 2010.


7. Rüdiger Overmans, Deutsche militärische Verluste im Zweiten Weltkrieg, Munich, Oldenbourg, 2000, pour les statistiques allemandes.


8. Jean-Michel Steg, 22 août 1914, le jour le plus meurtrier de l’histoire de France, Paris, Fayard, 2013.


9. « La campagne de mai-juin 1940. Les pertes ? », dans Christine Levisse-Touzé (dir.), La Campagne de 1940, Paris, Tallandier, 2001.


10. Site Internet et base de données en ligne (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/).


11. Chiffres allemands à affiner, ce qui n’est pas notre objet ici, notamment du fait de l’intégration au bilan des disparus. Cf. Christine Levisse-Touzé (dir.), La Campagne de 1940, et Rüdiger Overmans, Deutsche militärische Verluste im Zweiten Weltkrieg, op. cit.





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