維勒潘:和平還是對現實的拒絕

空洞的和平姿態
拒絕面對現實的衝突
死的和平

沒有衝突激發思考的和平是死的和平

民主制度的尊嚴——也就是承受分歧、活在矛盾中、讓衝突產生思想的能力。在辯論中,更是看見的可能性本身,因為有些事情只有透過衝突才能看清。

但當衝突被禁止時,消失的正是現實本身。

於是,和平被喚出。

但怎樣的和平?
一種沒有厚度、沒有界限、沒有敵人的和平。
一種不困擾任何人,因為它什麼也沒說的和平。
一種無需經歷、無法建構、無法捍衛的和平一種語言的和平。一種表象的和平。但那是死的和平。

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根據您提供的文章內容,我為您整理出重點摘要與中文翻譯如下:

文章重點:關於「和平」的批判性論點
重新找到面對衝突的勇氣

本文作者批判法國前總理德維勒潘所高談的「和平」,認為那只是一種脫離現實的姿態。重點可歸納為以下幾點:

1. 空洞的和平姿態:作者認為德維勒潘的和平言論充滿戲劇性與莊重感,但內容空洞,只是一種維護個人外交形象與權力地位的「姿態」,並未觸及真實世界的複雜衝突。
2. 拒絕面對現實的衝突:當今的戰爭(如中東衝突)已不是可單獨矯正的錯誤或意外,而是根深蒂固、多方交織的現實。作者批評歐洲(及德維勒潘這類政治人物)的言論在譴責與否認間搖擺,用道德譴責取代了對衝突根源的思考與理解。
3. 「死的和平」:作者區分兩種和平:
   · 無效的和平:拒絕看見威脅、不區分可協商與必須對抗之事、僅存在於語言中的和平。這種和平不具備實質力量,只是一種「死的和平」。
   · 有條件的和平:真正的和平必須是「一種要求」,它需要勇於面對並經歷衝突,在衝突中做出有代價的選擇,以此遏制暴力走向極端。拒絕這種艱難的現實,只會讓文明變得脆弱,最終被毀滅的力量吞噬。

核心結論:真正的和平不能建立在拒絕現實之上。它要求我們有勇氣正視、理解並經歷衝突,而非用美麗的口號來迴避它。缺乏這種現實基礎的和平,最終將走向失敗。

全文中文翻譯

維勒潘:和平還是對現實的拒絕

許多言論,卻少有投票給席哈克總理的意願
2026年4月13日

標題:維勒潘:和平還是對現實的拒絕

雖然尚未正式成為候選人,多米尼克·德·維勒潘已不再隱藏其入主愛麗舍宮的意圖。週五,在卡昂舉行的「諾曼第為和平」論壇上,這位72歲、以2003年在聯合國代表法國反對伊拉克戰爭而聞名的前總理,再次展現了他身為「國際法」堅定捍衛者、老練外交官的本色。但他只是描繪了一種不困擾任何人、也毫無用處的和平。

有些聲音,以一種刻意為之的莊重、算計過的緩慢、近乎祭司般的莊嚴升起,然而卻再也無法道出這世界的真實。多米尼克·德·維勒潘的聲音,如今已屬於此類:一種仍在說話,卻不再看見的聲音。因為其中所涉及的,不僅僅是對和平的辯護。這是一種姿態。一種在全球大舞台上堅守的角色,在那裡,人們繼續體現某種特定的外交觀、大國觀、法國觀——但在那崇高表象的釉彩之下,交織著的是舊有的忠誠、權力的本能,還有一些同樣存在、較不光彩、較不明顯,但確實存在的利益。在一個具有影響力的位置上談論和平,或為了維持某種地位、形象、象徵性權威而反對戰爭,從來都不是無關緊要的事。

白鴿

言論從不是純粹的。而這番言論亦然。

它躁動、膨脹、戲劇化,彷彿語調的強度能補償對現實掌握的失落。它將和平視為絕對,但這個絕對聽起來空洞,因為它不去面對與其矛盾的事物。這不再是為了理解,而是為了阻止。阻止去看。阻止去命名。阻止去思考。

因為當今世界令人困擾的,不僅是戰爭。而是戰爭已不再像人們希望的樣子。它不是一個孤立的錯誤、一次暫時的偏離、一個可以修正的意外。它就在那裡,根深蒂固、盤根錯節,由各種不相似、不對話、不認同彼此的意志所推動。它像一條深刻的斷層線貫穿中東,將以色列、伊朗、真主黨、哈馬斯聯繫起來——不是作為可互換的角色,而是作為一個無法被簡化的衝突各方。

面對這一切,歐洲的論述在顫抖。它在譴責與否認之間猶豫不決。

一方面,它點名——唐納·川普、班傑明·納坦雅胡——這些人物成為必要的標籤,為無法掌控的事物賦予一個面孔。另一方面,它努力維持道德的一致性,提醒人們遵守法律,呼籲和平,彷彿重申原則就足以產生效果。

但這種搖擺掩蓋了更深層的失靈。衝突不再被思考。它被一種道德說教所取代。我們不再討論。我們只會分類。我們不再試圖理解。我們只會發派標籤。民主制度那僅存的脆弱尊嚴——也就是承受分歧、活在矛盾中、讓衝突產生思想的能力——就這樣慢慢地瓦解。消失的不僅是辯論。更是看見的可能性本身。因為有些事情只有透過衝突才能看清。而當衝突被禁止時,消失的正是現實本身。於是,和平被喚出。但怎樣的和平?一種沒有厚度、沒有界限、沒有敵人的和平。一種不困擾任何人,因為它什麼也沒說的和平。一種無需經歷、無法建構、無法捍衛的和平。一種語言的和平。一種表象的和平。但那是死的和平。

奇怪的和平

因為一種拒絕看見自身威脅的和平,早已受到損害。一種無法區分什麼可以討論、什麼必須面對的和平,將在無能為力中消解。一種只滿足於存在於字裡行間的和平,將在事實中消失。而就在這裡,悲劇性再次降臨。

它不是一場突然的災難,而是現實的緩慢回升,一種再也無法被遏止的壓力。悲劇性,就是必須做出抉擇的那一刻,不是在善與惡之間,而是在互不相容的世界形式之間。是純粹不再可能、決策事關重大、任何立場都有其代價的那一刻。

這正是某些人所拒絕的。因為這迫使他們脫離角色。離開那個姿態。放棄自我形象。接受和平不是一個避難所,而是一種要求。並且接受和平無法在沒有條件的情況下存在。這些條件是嚴酷的。它們要求看見你不願看見的事物。指名你寧願緘默的事情。承認並非所有事物都等價齊觀、並非所有事物都能談判、並非所有事物都能修復。尤其重要的是,它們要求重新找到面對衝突的勇氣。不是作為終點。而是作為一個必經的過程。作為一種防止暴力走向極端的手段。作為一種有時仍能遏制那些威脅席捲一切的力量。

因為一個不再明白這點的文明,並不會變得和平。它會變得脆弱。而在這種脆弱中,它會自我放棄。不是歸於和平。而是歸於毀滅它的力量。





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Villepin: la paix ou le refus du réel

維勒潘:和平還是對現實的拒絕

Beaucoup de mots mais peu d’intentions de vote pour le Premier ministre de Chirac

13 avril 2026

Villepin: la paix ou le refus du réel
Dominique de Villepin à Caen devant le drapeau normand. Ira-t-il à l'élection présidentielle ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non... Capture BFMTV.

S’il n’est pas encore officiellement candidat, Dominique de Villepin ne cache plus ses intentions élyséennes. Vendredi, à Caen, au forum «Normandie pour la paix», l’ancien Premier ministre de 72 ans, connu pour avoir porté en 2003 le non de la France à l’ONU à la guerre en Irak, a refait son numéro de diplomate chevronné grand défenseur du « droit international ». Mais il ne fait que dessiner une paix qui ne dérange personne et ne sert à rien.


Il est des voix qui s’élèvent avec une gravité étudiée, une lenteur calculée, une solennité presque sacerdotale, et qui pourtant ne disent plus rien du monde. Celle de Dominique de Villepin appartient désormais à cette catégorie : une voix qui parle encore, mais qui ne voit plus. Car ce qui s’y joue n’est pas seulement une défense de la paix. C’est une posture. Une position tenue dans le théâtre des nations, où l’on continue d’incarner une certaine idée de la diplomatie, de la grandeur, de la France — mais où, sous le vernis de la hauteur, se mêlent des fidélités anciennes, des réflexes de puissance, des intérêts aussi, moins avouables, moins visibles, mais bien présents. Il n’est jamais indifférent de parler de paix depuis un lieu d’influence, ni de s’opposer à la guerre lorsque cela permet de maintenir une position, une image, une autorité symbolique.

Blanche colombe

La parole n’est jamais pure. Et celle-ci ne l’est pas davantage.

Elle s’agite, elle s’enfle, elle dramatise, comme si l’intensité du ton pouvait compenser la perte de prise sur le réel. Elle invoque la paix comme un absolu, mais cet absolu sonne creux, parce qu’il n’affronte pas ce qui le contredit. Il ne s’agit plus de comprendre, mais d’empêcher. Empêcher de voir. Empêcher de nommer. Empêcher de penser.

Car ce qui dérange dans le monde actuel, ce n’est pas seulement la guerre. C’est qu’elle ne ressemble plus à ce que l’on voudrait qu’elle soit. Elle n’est pas une faute isolée, une dérive passagère, un accident que l’on pourrait corriger. Elle est là, enracinée, ramifiée, portée par des volontés qui ne se ressemblent pas, qui ne se parlent pas, qui ne se reconnaissent pas. Elle traverse le Moyen-Orient comme une ligne de fracture profonde, reliant Israël, l’Iran, le Hezbollah, le Hamas — non comme des acteurs interchangeables, mais comme des pôles d’une conflictualité qui ne se laisse pas réduire.

Et face à cela, le discours européen tremble. Il hésite entre condamnation et dénégation.

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D’un côté, il désigne — Donald Trump, Benjamin Netanyahu — figures devenues nécessaires pour donner un visage à ce qui échappe. De l’autre, il s’efforce de maintenir une cohérence morale, de rappeler le droit, d’invoquer la paix, comme si le rappel des principes suffisait à produire des effets.

Mais cette oscillation masque une défaillance plus profonde. Le conflit n’est plus pensé. Il est remplacé par une morale. On ne discute plus. On trie. On ne cherche plus à comprendre. On distribue. Ainsi se défait, lentement, ce qui faisait encore la dignité fragile des démocraties : la capacité à soutenir le désaccord, à habiter la contradiction, à laisser le conflit produire de la pensée. Ce qui disparaît, ce n’est pas seulement le débat. C’est la possibilité même de voir. Car certaines choses ne peuvent être vues qu’à travers le conflit. Et lorsque le conflit est interdit, c’est le réel lui-même qui devient invisible. Alors la paix est invoquée. Mais quelle paix ? Une paix sans épaisseur, sans limite, sans ennemi. Une paix qui ne dérange personne parce qu’elle ne dit rien. Une paix qui ne s’éprouve pas, qui ne se construit pas, qui ne se défend pas. Une paix de langage. Une paix d’apparence. Mais une paix morte.

Drôle de paix

Car une paix qui refuse de voir ce qui la menace est déjà compromise. Une paix qui ne distingue plus entre ce qui peut être discuté et ce qui doit être affronté se dissout dans l’impuissance. Une paix qui se contente d’exister dans les mots disparaît dans les faits. Et c’est là que le tragique revient.

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Non pas comme une catastrophe soudaine, mais comme une lente remontée du réel, comme une pression que rien ne parvient plus à contenir. Le tragique, c’est ce moment où il faut choisir, non entre le bien et le mal, mais entre des formes incompatibles du monde. Ce moment où la pureté n’est plus possible, où la décision engage, où toute position a un coût.

C’est cela que certains refusent. Parce que cela oblige à sortir du rôle. À quitter la posture. À renoncer à l’image de soi. À accepter que la paix ne soit pas un refuge, mais une exigence. Et qu’elle ne puisse exister sans conditions. Ces conditions sont dures. Elles supposent de voir ce que l’on ne veut pas voir. De nommer ce que l’on préférerait taire. De reconnaître que tout ne se vaut pas, que tout ne se négocie pas, que tout ne se répare pas. Elles supposent surtout de retrouver le courage du conflit. Non comme une fin. Mais comme un passage. Comme ce qui empêche la violence de devenir absolue. Comme ce qui permet encore, parfois, de contenir ce qui menace de tout emporter.

Car une civilisation qui ne sait plus cela ne devient pas pacifique. Elle devient vulnérable. Et dans cette vulnérabilité, elle s’abandonne. Non à la paix. Mais à ce qui la détruit.

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